Essai Goupil G6, un VU électrique bien urbain

Essai Goupil G6, un VU électrique bien urbain

On pense naturellement à Goupil pour les espaces verts ou la propreté par exemple, moins pour la livraison du dernier kilomètre, les chantiers des artisans du bâtiment, etc. Avec le Goupil G6, la marque entend aussi s’attaquer à ce marché. Essai.

De Goupil, on connaît les G2 et G4, sur lesquels on reviendra et qui ont été restylisés pour accompagner l’arrivée du G6. Ce Goupil G6 qu’on a en essai, ou plutôt en prise en mains devrait-on dire, a la particularité d’être le VU électrique le plus imposant de la production de la marque et le plus performant. Il peut accueillir 3 personnes et un volume jusqu’à 9 m3 (on fait cet essai en dynamique avec une carrosserie benne) avec une autonomie de 150 kilomètres et une vitesse maximale de 80 km/h grâce à sa batterie 28,8 kWh.

Avec le Goupil G6, la marque voit grand

La marque voit en tous cas plus grand avec l’arrivée son G6 en 2020 qui ne partage rien avec ses 2 petits frères, en dehors de la face avant uniformisée et de la philosophie de conception puisque le fer de lance reste l’usage professionnel avec la charge utile, un seuil de chargement bas (45 cm sur le fourgon) et un carrossage aisé. Mais sur certains points, Goupil rentre en concurrence avec des petits utilitaires qu’on trouve chez des marques généralistes en terme de volume utile voir charge utile pour certains modèles.

Portes arrière battantes ouvertes à 270 degrés
Portes arrière battantes ouvertes à 270 degrés

La force de Goupil dans cette taille d’utilitaire électrique est de facilement permettre d’adapter les carrosseries nécessaires à votre métier. D’ailleurs les plus courantes sont directement au catalogue du G6. On a donc le fourgon (jusqu’à 9 m3 et 637 kg utile conducteur inclus), la benne (plateau basculant avec 903 kg utile conducteur inclus) avec ou sans coffre directement au catalogue, ou en passant par des carrossiers pour un caisson avec son bras de levage, une nacelle ou autre.

Le Goupil G6 est plus routier mais toujours très utilitaire

Si on peut le mettre face à certains véhicules utilitaires électriques de grandes marques généralistes, un véhicule Goupil reste un utilitaire même si l’accueil au volant est bien mieux. On le voit tout de suite en prenant le volant mais aussi en regardant la fiche technique. Tout d’abord, il est homologué 3 places en N1. Hors rétroviseurs, il mesure 1704 mm de large. Il est bien plus grand que le G4 avec ses 4796 mm de long. En fait, il remplace le G5 qui n’est plus au catalogue. Sa vitesse maximale est de 80 km/h et sa charge utile brute (donc sans carrosserie, sans options mais avec conducteur) est de 1151 kg ! Il peut tracter une remorque freinée de 1700 kg.

Goupil G6 dans sa version fourgon 9 m3, il existe en 6 m3
Goupil G6 dans sa version fourgon 9 m3, il existe en 6 m3

Le G6 est un utilitaire mais bien plus routier. D’abord par sa vitesse de pointe de 80 km/h et son autonomie, ensuite par sa conception et son confort. Pour la conception, on est proche d’une fourgonnette classique avec une transmission traction et non plus propulsion et une cabine derrière le train avant, contrairement aux autres Goupil. La batterie et la motorisation électrique sont placées sous les sièges. Et puis il y a l’accueil au volant, parce que pour faire 150 km, on sort largement du champ d’utilisation des espaces verts, même les plus vastes.

A la conduite, que donne cet essai du Goupil G6 ?

Cette prise en mains ne nous a pas permis de tester l’autonomie, mais j’ai quand même pu voir ce que ça donne, puisqu’on est dorénavant plus proche d’une « vraie » fourgonnette électrique. C’est un moteur asynchrone Nidec 67 V AC qui anime notre Goupil. Il développe 182 Nm de couple et une puissance de 62 kW, soit un peu plus de 84 chevaux pour un poids à vide de 1118 kg et un PTAC de 2600 kg.

On lève le levier gauche derrière le volant pour passer en D et zou. Zou en silence et je dois dire avec pas mal de patate, malgré le poids. Pour s’insérer dans le trafic routier, en admettant qu’on ne soit pas scotché dans d’interminables embouteillages infernaux, c’est parfait. Le G6 est maniable et réactif. Les voies rapides urbaines sont largement envisageables. Le dosage de l’accélérateur est fin pour des manoeuvres en douceur.

En route pour l'essai du Goupil G6 électrique
En route pour l’essai du Goupil G6 électrique

Et puis il y a le freinage régénérant pour gagner en autonomie et moins toucher le frein. C’est accessible avec un petit bouton dans le levier gauche derrière le volant. 4 niveaux sont disponibles, un au-dessus du standard, un en-dessous et le dernier qui désactive presque la récupération d’énergie. Ce mode est pratique si vous roulez sur la neige par exemple. Le niveau maximum évite de trop toucher le frein. C’est une autre façon de conduire en plus de récupérer plus d’énergie. On freine suffisamment pour suivre le trafic juste en levant le pied, d’ailleurs ça allume les feux stop. Le mode juste en-dessous du standard apporte de la fluidité à la conduite mais ce n’est objectivement pas le plus pertinent des 4 modes sur ce petit essai.

En mode de récupération d'énergie maximale au freinage au lever de pied
En mode de récupération d’énergie maximale au freinage au lever de pied

Et le confort dans tout ça ?

On trouve dans notre G6 un tableau de bord digital couleur, volant épais, des plastiques robustes, des buses de chauffage pour tout le monde (4 au total) et des rangements pour tout le monde aussi. Les boutons au centre de la console sont gros et costauds pour les utiliser avec de gros gants si besoin. Le plancher est plat pour sortir d’un côté ou de l’autre. L’assise est surprenante par son confort. Elle est un peu haute mais le plus surprenant à l’usage est la petite pédale de frein alors qu’on s’attend à en trouver une énorme comme avec n’importe quelle voiture en boîte automatique. Il faut s’y habituer.

Tableau de bord digital couleurs, volant épais à la préhension agréable
Tableau de bord digital couleurs, volant épais à la préhension agréable

En dehors de l’accueil, Goupil a soigné les trains roulants. On n’est pas sur de « l’utilitaire de jardin » mais sur un utilitaire électrique routier avec des suspensions avant Pseudo McPherson et à l’arrière, des bas tirés indépendants. A la conduite, le confort est là et le guidage est très correct et on n’a pas trop d’effet de rebond sur l’arrière en roulant à vide de surcroit.

Bilan de notre essai du Goupil G6 électrique

Le G6 est de toute évidence bien plus routier que ses petits frères. On quitte l’univers des espaces verts. Confort, conduite, équipement en font une alternative viable pour des livraisons ou des chantiers quotidiens en centre ville avec une bonne autonomie. La charge utile et la possibilité de tracter jusqu’à 1,7 tonne sont des atouts aussi. Il reste la question du prix avec un tarif de base un peu en deçà des 50000 euros, en revanche sa conception fait que la carrosserie est bien plus facile à installer que sur une fourgonnette de généraliste. On est sur un châssis cabine comme sur les grands fourgons, ce qui n’existe pas dans cette taille d’utilitaire, électrique ou non. D’avoir laisser le choix de l’intervention de la récupération d’énergie au freinage rassurera ceux qui sont un peu réfractaires à ce système. C’est une habitude à prendre lorsqu’on passe à l’électrique, mais pas mal du tout pour augmenter l’autonomie en plus d’avoir une conduite plus fluide. Sur une grosse tournée, ça se ressentira. Avec son nouveau G6, Goupil entre dans les offres à étudier pour rouler avec un utilitaire électrique en ville au quotidien, sur la route comme n’importe quel autre utilitaire de ce gabarit.

Les plus

  • Charge utile et possibilité de carrosseries importantes dans la catégorie
  • Réglage de la récupération d’énergie au freinage pratique
  • Le confort et la conduite qui gagnent nettement en qualité

Les moins

  • Tarif de base élevé face à des généralistes mieux équipés
  • Ni Android Auto ni Apple CarPlay avant début 2021
  • Trop petite pédale de frein pour un véhicule automatique

Les photos de l’essai du Goupil G6

Trappe de charge électrique à l'avant gauche
Trappe de charge électrique à l’avant gauche
Tous les boutons sur la console centrale, robustes et utilisables avec des gants
Tous les boutons sur la console centrale, robustes et utilisables avec des gants
Toit translucide, rails d'arrimage et seuil de chargement à 45 cm sur le fourgon
Toit translucide, rails d’arrimage et seuil de chargement à 45 cm sur le fourgon
Tableau de bord digital couleurs avec à gauche le graphe de notre conso en temps réel, là on n'est pas parti, il reste 170 km d'autonomie avec la batterie à 94%
Tableau de bord digital couleurs avec à gauche le graphe de notre conso en temps réel, là on n’est pas parti, il reste 170 km d’autonomie avec la batterie à 94%
Rangements sur la planche de bord
Rangements sur la planche de bord
Le Goupil G6 se branche sur la grande majorité des prises publiques
Le Goupil G6 se branche sur la grande majorité des prises publiques
Le combiné multimédia JVC propose du mirroring mais pas Apple CarPlay ni Android Auto
Le combiné multimédia JVC propose du mirroring mais pas Apple CarPlay ni Android Auto avant début 2021 avec l’arrivée du DAb+
Le bouton pour passer d'un mode de récupération d'énergie à l'autre, il y a 4 modes
Le bouton pour passer d’un mode de récupération d’énergie à l’autre, il y a 4 modes
Large porte latérale coulissante avec son seuil de chargement à 45 cm
Large porte latérale coulissante avec son seuil de chargement à 45 cm
Homologation N1 en 3 places pour le G6, une première chez Goupil
Homologation N1 en 3 places pour le G6, une première chez Goupil
Goupil G6 avec son plateau basculant et ses rehausses ridelles, on peut ajouter un coffre de 400 L
Goupil G6 avec son plateau basculant et ses rehausses ridelles, on peut ajouter un coffre de 400 L
Face avant uniformisée pour toute la gamme Goupil, d'autres coloris sont possibles avec la bande en noir dans ce cas
Face avant uniformisée pour toute la gamme Goupil, d’autres coloris sont possibles avec la bande en noir dans ce cas
Emplacement pour le câble de recharge sous la banquette passager, il ne traine pas n'importe où
Emplacement pour le câble de recharge sous la banquette passager, il ne traine pas n’importe où
Boutons de commandes métier au plafond de la cabine
Boutons de commandes métier au plafond de la cabine
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